Bruit au travail dans la FPT, comment se protéger ?

Dans une cantine, le bruit peut atteindre 90 décibels. Beaucoup trop pour la santé ! Les agents de restauration scolaires ne sont pas les seuls concernés dans la fonction puliblique territoriale : les travaux de voirie, l’entretien des parcs et jardins, le téléphone dans les bureaux… Les médecins alertent sur cette véritable pollution sonore qui n’est pas sans conséquences. Surdité partielle ou totale, acouphènes et stress en sont les effets néfastes et parfois irréversibles. Comment les prévenir ?

Vous êtes gêné par le bruit sur votre lieu de travail, que vous soyez dans des bureaux ou en extérieur ? Vous faites partie des 82 % de Français qui se déclarent sensibles à la qualité de leur environnement sonore pendant leur travail et des 35 % qui ne sont pas satisfaits de celui-ci (1).

Dans un open-space, une cantine, une piscine, une déchetterie ou sur la voirie, le bruit peut être cause de stress et de fatigue mais aussi engendrer une surdité et des problèmes de santé. Dans les collectivités territoriales, plus de la moitié des agents de la catégorie C (53 %) s’en plaignent. 69 % des travailleurs dans l’industrie ou la construction (64 %) sont concernés aujourd’hui, tout comme les ouvriers à 69 %. Les employés administratifs ne sont pas en reste : 80 % en sont affectés.

Comment mesurer si votre environnement de travail est trop bruyant ?

Il est important de distinguer le bruit accidentel, qui n’est pas prévisible, de celui qui est continu. Le premier, par définition, n’est pas prévisible. Il est en revanche plus simple d’agir pour les professionnels qui sont exposés au bruit chroniquement. Ce bruit continu ne doit pas dépasser 87 décibels pendant plus de 8 heures, temps qui se réduit à 2 heures pour 90 décibels. Une sonnerie de téléphone peut atteindre, par exemple, 60 décibels. Dans une cantine, il est en général de 90 décibels. Quoi qu’il en soit, si vous devez crier pour vous faire entendre d’une autre personne qui est à un mètre de distance, c’est que le bruit alentour dépasse les 80 à 85 décibels.

Quelles sont les effets du bruit sur la santé ?

Les conséquences d’un bruit continu qui dépasse les 87 décibels sont importantes et peuvent être définitives. Il génère :
- une surdité complète ou incomplète,
- des acouphènes, sifflement ou bourdonnement dans les oreilles,
- une fatigue intellectuelle et psychique, qui peut entraîner un burn-out ou une dépression, des risques cardio-vasculaires, un diabète, des insomnies…
De plus, le bruit favorise le manque d’attention et la communication est plus difficile. Il peut dont être la cause d’accidents du travail. S’il est possible de soigner la plupart de ces pathologies, la surdité, elle, est définitive. La prévention est donc essentielle.

Comment prévenir les conséquences sur la santé ?

Pour prévenir de ces affections, la collectivité doit prendre des mesures pour limiter l’exposition au bruit : isoler sa source si c’est une machine, par exemple, ou disposer des cloisons anti-bruit dans les open-space. Si elles ne suffisent pas, les agents doivent porter une protection auditive.

Les agents qui travaillent sur la voirie, les parcs et jardins, se protègent le plus souvent avec des casques. Cependant, il faut savoir que pour être efficaces, ceux-ci doivent être portés pendant au moins 90 % de leur temps passé au bruit. Dans le cas contraire, ils perdent 50 % de l’efficacité de leur protection. Vous ne devez donc pas enlever votre casque pendant la pause, si vous restez à côté de la source bruyante.

Dans les bureaux ou une cantine, la prévention passe par des bouchons acoustiques, il en existe qui laissent passer certains bruits. Les écouteurs ou le casque pour écouter de la musique est déconseillé, il serait également à l’origine de troubles auditifs.

A qui devez-vous vous adresser si vous pensez être concerné ?

Si vous pensez être exposé à un environnement trop bruyant, vous devez en parler à votre médecin du travail. Si la mesure des décibels le confirme, vous serez soumis à une surveillance régulière et pourrez demander à bénéficier de mesures préventives, comme des bouchons acoustiques ou un casque. Vous pouvez également en parler à votre service de ressources humaines ou auprès de votre CHSCT, ou encore consulter votre médecin traitant.

Le médecin effectuera alors des tests auditifs. Ils doivent être réalisés tous les ans dans le cas d’un environnement très bruyant, comme les restaurants scolaires. Si vous travaillez dans un open-space, vous devrez en faire faire tous les 3 ans.

Si vous souffrez d’acouphène ou d’une perte brutale d’audition, consultez rapidement un médecin. Quoi qu’il en soit, n’attendez pas si vous pensez être exposé !

Vous souhaitez en savoir plus sur les risques auditifs, consultez nos articles : "Déficience auditive : des risques au travail et à la maison" et ""Se protéger de la perte d’audition".

 

(1) Baromètre OpinionWay Les Français et la qualité de l’environnement sonore », janvier 2019.
(2) Sondage Ifop pour l’Association Journée Nationale de l’Audition, octobre 2018 : « Bruit, Santé Auditive et Qualité de Vie au Travail : quelles réalités ? »

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