Écrans : quels risques pour la santé des enfants ?

Utiliser excessivement, les écrans peuvent comporter des risques pour les enfants et les adolescents. Quels sont–ils ?

Les écrans sont omniprésents dans notre vie et celle de nos enfants. Nous ne pourrions plus nous en passer mais il ne faut pas oublier que leur utilisation excessive peut avoir des effets négatifs.

Télévision, smartphone, tablettes, ordinateurs… Avez-vous déjà compté le nombre d’écrans présents dans votre maison ? En moyenne, chaque foyer français en compte 6 ! Les écrans font partie de notre vie et, depuis une quinzaine d’année, devenus portables, ils ont modifié en profondeur nos activités quotidiennes et celles de nos enfants. Mais l’utilisation excessive des écrans a des effets négatifs sur la santé de nos enfants qu’il vaut mieux connaitre pour s’en protéger.

Chez les plus jeunes les écrans nuisent au développement

44 % des parents prêtent leur téléphone portable à leurs enfants de moins de 3 ans pour l’occuper ou le consoler, selon une enquête réalisée par les pédiatres de l’Association française de pédiatrie (Afpa) (1).

Au total les enfants de 1 à 6 ans passent en 2017 plus de 4 heures par semaines sur Internet contre 2 heures en 2012 (2). Un temps auquel il faut bien souvent ajouter celui passé devant l’écran de télévision.

Or chez les plus jeunes, notamment avant trois ans, trop de temps passé devant l’écran peut nuire au développement de l’enfant. Les principales études concernent la télévision et elles ont montré qu’une consommation trop importante chez les enfants :

  • retarde l’apparition du langage
  • nuit à la capacité de concentration et d’attention
  • énerve les enfants, perturbe leur sommeil
  • augmente le risque d’obésité
  • favorise la fatigue visuelle

Un enfant a besoin de se dépenser physiquement

Plus l’enfant est petit, plus le temps passé devant un écran peut se révéler toxique pour lui car elle l’empêche d’avoir des activités importantes qui lui permettent de mettre en place ses repères spatiaux et temporels. Les enfants de moins de 3 ans doivent notamment toucher des objets comme les cubes et interagir avec ses parents qui vont lui parler, lui raconter des histoires….

Mais le besoin qu’a un enfant d’interagir avec son environnement en utilisant ses cinq sens et ses dix doigts, ne se termine pas à l’arrivée de ses trois ans. Par ailleurs, il ne faut pas oublier qu’un enfant a besoin de se dépenser physiquement. Un enfant a aussi besoin de bouger au moins 1 heure par jour. Or le temps passé sur les écrans est du temps pris sur les activités physiques et de plein air.

Quelles solutions pour protéger vos enfants ?

Pour protéger les enfants, on applique la règle des 3-6-9-12 : pas d’écrans avant 3 ans, pas de console de jeux portable avant 6 ans, pas d’internet avant 9 ans et pas d’internet seul, sans un encadrement avec un adulte, avant 12 ans.

Pour que l’enfant respecte les règles imposées, mieux vaut donner l’exemple. Lorsque vous êtes à table, en ballade avec vos enfants, dans la salle d’attente du médecin… évitez de pianoter sur votre portable !

Enfin, pour éviter les méfaits de la lumière bleue, faites respectez une certaine distance entre l’ordinateur et l’enfant. Vous pouvez aussi utiliser filtres et lunettes anti lumière bleue mais leur efficacité n’est pas prouvée.

Chez les adolescents, les écrans mauvais pour le sommeil

Chez les adolescents également le temps passé sur les écrans ne cesse d’augmenter.  Les 13-19 ans, passent en moyenne 15 heures par semaines sur internet en 2017. Ce temps s’élevait à « seulement » 12 heures en 2012 (2).

Plus de la moitié des collégiens passent plus d’une heure sur les écrans après le diner et 18% plus de 2 heures.

-15 % d’entre eux envoient des SMS en pleine nuit et 11 % se connectent à un réseau social. Certains font même sonner leur réveil dans la nuit pour se reconnecter la nuit (3).

Si internet est parfois un bon outil éducatif, d’apprentissage et de communication, son utilisation le soir, risque de nuire à leur sommeil. En effet, la lumière bleue émise par les écrans mime la lumière du jour et provoque un décalage de l’heure d’endormissement qui va raccourcir leurs nuits.

Fixez des règles

Avec les adolescents, n’hésitez pas à instaurer des règles avec notamment des temps d’ordinateurs autorisés.  Il est important de négocier avec votre enfant pour que les téléphones ne soient pas aux pieds du lit : discutez-en avec lui pour expliquer les raisons de ces règles (importance du sommeil, de pouvoir se déconnecter pour avoir un espace à soi, etc).

Mais quand faut-il s’inquiéter d’un possible usage problématique d’Internet ?

Certains signes doivent alerter : chute des résultats scolaires, abandon des activités sportives, repli sur soi. 

Dans ce cas, si vous êtes inquiets, n’hésitez pas à vous rendre à la consultation jeune consommateur la plus proche de chez vous. Même sans lui. Toutes les problématiques d’addictions peuvent être abordées dans ces lieux.

Pour vous renseigner, vous pouvez appeler le 0 800 23 13 13 ou vous rendre sur le site Drogue info service rubriques Tout savoir sur les drogues / se faire aider / Les consultations jeunes consommateurs ou en cliquant ici.

Rendez-vous aussi sur le site de l'Anpaa, Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie pour plus d'informations.

Autre danger lié à l’usage d’internet : l’exposition à des contenus dangereux ou violents mais aussi le risque de cyber-harcèlement. Il est important de discuter en permanence avec les adolescents de ces risques et de leur donner des conseils de sécurité en ligne.

La lumière bleue toxique pour les yeux ?

On ignore encore quels sont les effets de la lumière bleue sur les yeux en conditions réelles. Mais des expérimentations sur des cellules animales ont montré qu’elle pourrait être toxique pour la rétine. C’est pourquoi il s’agit d’être prudents quant à leur utilisation chez les enfants dont la cornée et le cristallin, plus clair, laissent passer la quasi-totalité de la lumière bleue. Une chose est certaine, la lumière bleue perturbe le sommeil lorsqu’on y est exposé le soir. Quant aux lunettes anti-lumières bleues, elles n’ont pas vraiment fait leurs preuves.

(1) - Enquête de l'Association française de pédiatrie ici .
(2) - Les échos,
Les enfants et les adolescents de plus en plus accros à la vidéo
(3) - Réseau Morphée,
Des ados déconnectés de leurs besoins de sommeil
Crédits photos : Istock, Lisa5201

Avez-vous aimé cet article ?

oui