Nouvelles temporalités territoriales : vers une nouvelle approche du travail ?

L’étude de l'OST sur les nouvelles temporalités territoriales fait le bilan sur l’intensification et la complexification des rythmes de travail des agents.

Comment intégrer les nouveaux rythmes sociaux et les attentes des usagers tout en respectant la qualité de vie au travail des territoriaux ? Allons-nous vers une nouvelle approche du travail ? Quelles sont les initiatives prises par les collectivités ? L’étude de l’Observatoire social territorial (OST) sur « Les nouvelles temporalités territoriales » (1) fait le point sur ces questions.
Le travail atypique dans la fonction publique territoriale est rarement évoqué. Pourtant, les agents sont bel et bien concernés : 16,1 % d’entre eux sont d’astreinte contre 8,2 % dans le privé, 40 % travaillent le samedi contre 30 % dans le privé, etc. Et la réalité du travail dans toutes les fonctions évolue vers une complexification et une accélération des rythmes.

(1) - Étude menée en 2016 et 2017 en partenariat avec l’Institut national des études territoriales (INET) et l’association des Administrateurs territoriaux de France (AATF), réalisée par des élèves administrateurs territoriaux de la promotion Léo Lagrange (2016-2017) sur 38 collectivités auprès d’agents et managers territoriaux, organisations syndicales et experts.

Des horaires atypiques de plus en plus fréquents

L’adaptation du service public aux nouveaux rythmes de vie des usagers amplifie le phénomène des horaires atypiques. Par exemple, les bibliothèques qui ouvrent le soir ou le dimanche… Par ailleurs, l’accès au numérique accentue le besoin d’immédiateté des usagers et modifie la nature même du travail des agents. Ceux-ci ont davantage un rôle d’assistance aux personnes qui ne maîtrisent pas les outils. Enfin, les développements urbains éloignent les agents de leur lieu de travail, pesant aussi sur leur quotidien.

Une concertation avec les agents indispensable

Il est reconnu que les horaires atypiques peuvent être néfastes sur la santé des agents. Ils constituent un facteur de pénibilité. Pourtant, les agents n’en ont pas toujours conscience, d’autant que ces horaires atypiques sont plus rémunérateurs et plus pratiques, notamment pour s’occuper des enfants. La solution consisterait à sensibiliser les agents, à les intégrer dans une démarche globale, constructive et gratifiante, et à mener les réformes en accord avec leurs attentes.

Les collectivités innovent face aux nouveaux rythmes

Tenir compte des besoins, réfléchir ensemble à la manière de compenser la pénibilité, partager l’organisation des horaires… Cette approche participative est indispensable pour réussir la transformation. La Ville de Paris est ainsi parvenue à ouvrir ses piscines en soirée en intégrant les managers, les agents, les usagers dans la conception du projet.
D’une manière générale, les politiques publiques locales sont appelées à intégrer de plus en plus les nouvelles contraintes pour mieux les maîtriser, comme à Rennes, Montpellier et Lyon avec les « bureaux des temps ». L’important, c’est de rester dans une démarche « gagnant-gagnant ».

> Le cahier n° 19 en intégralité et la synthèse

Crédit photo : Istock

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