Sapeur-pompier : mobilisé pour protéger et porter secours à la population

La motivation est toujours aussi forte pour Julien Cassard, sapeur-pompier professionnel au Service départemental d’incendie et de secours de la Moselle (57). Avec ses collègues, il continue de venir en aide aux autres dans le strict respect des mesures de protection, pour la sécurité de tous.

Interview réalisée en décembre 2020.

Comment êtes-vous mobilisés en cette nouvelle période de crise ? Quels changements entre la première et la deuxième vague ?

A l’unité opérationnelle d’Hagondange au sein du Service départemental d’incendie et de secours de la Moselle, nous sommes près de 30 sapeurs-pompiers professionnels et 50 sapeurs-pompiers volontaires actifs. Nous poursuivons notre action sur le même rythme, avec nos missions habituelles de secours d’urgence aux personnes, de lutte contre l’incendie, d’intervention sur des accidents de la circulation, etc. Il est vrai que lors du premier confinement, nous avons ressenti une baisse significative de nos interventions. C’est moins le cas pour ce deuxième confinement, puisque les gens se déplacent, vont travailler, emmènent les enfants à l’école... Lors du premier confinement, nous avons aussi connu un afflux de personnels volontaires, lié à leur disponibilité, qui a baissé au moment du déconfinement et que nous connaissons à nouveau mais dans une moindre mesure.

Qu’avez-vous mis en place face à cette crise sanitaire qui perdure ? Y a-t-il des contraintes ?

Les procédures opérationnelles n’ont pas changé depuis le début de la crise sanitaire. Les protocoles sont renforcés pour lutter contre la Covid. En revanche, les règles de la vie en caserne ont évolué. Le port du masque est devenu obligatoire à la caserne alors que durant la première vague, nous ne le portions que lorsque la distanciation n’était pas possible. Nous avons maintenu la désinfection des locaux plusieurs fois par jour (y compris tous les endroits qui peuvent être touchés comme les interrupteurs, les poignées de portes, etc.). Les gestes barrière et la distanciation physique sont toujours respectés. Ce sont des règles de bon sens, comme se laver les mains régulièrement, aérer les pièces, ne pas se coller les uns aux autres. Chaque agent doit avoir un comportement responsable. Toutes ces mesures importantes permettent de nous protéger.

Quel est l’impact sur votre façon de travailler ?

La crise n’a pas vraiment impacté notre fonctionnement. Nous sommes à la caserne durant notre garde, prêts à intervenir quelle qu’en soit la raison. Dans notre profession, il est très important d’avoir un bon entretien physique. Si nous avons la chance de pouvoir continuer à nous entraîner à la caserne en désinfectant à chaque fois les différents agrès, il est plus difficile de faire du sport en dehors du travail. D’un point de vue personnel, je trouve cela pesant.

Qu'est-ce qui est fait pour protéger à la fois les sapeurs-pompiers et la population ?

Nous respectons bien entendu les gestes barrière, la distanciation sociale et nous portons, lors des interventions, des masques chirurgicaux pour nous protéger et protéger les autres. Lorsque nous intervenons pour une suspicion de Covid ou un cas de Covid avéré, nous suivons un protocole renforcé : port de masques FFP2, lunettes, tenue spécifique à mettre avant de partir, etc. Au retour, nous devons complètement désinfecter l’ambulance, retirer et laver nos vêtements et nous doucher. Concrètement, dans l’ambulance, nous sommes toujours trois mais aujourd’hui, l’équipier s’installe à l’arrière pour ne plus être côte à côte avec le conducteur et le chef d’agrès. Nous respectons le principe de l’« engagement minimum » sur place : lors d’une intervention, le conducteur n’intervient pas, il reste isolé dans la cabine, sauf en cas de besoin comme pour brancarder. Une mesure pour faire courir le moins de risque possible aux agents.

Quelle proportion de cas de Covid dans les interventions ? Etes-vous inquiet ?

Cela dépend. Lors de la première vague, la majorité de nos interventions concernaient des cas de Covid puisque l’activité de la population et donc l’activité opérationnelle avaient nettement baissé. Pour cette deuxième vague, je trouve qu'il n’y en a pas plus que nos autres interventions. Je ne suis personnellement pas inquiet. Je me protège, nous sommes protégés et nous faisons aussi attention avec nos proches. Le risque fait partie de mon métier. Je l’ai accepté quand j’ai signé !

Comment vivez-vous cette crise et quelles sont vos motivations, dans ce contexte, pour assurer votre mission de service public ?

Nous avons cette chance, en tant que sapeurs-pompiers, de bénéficier d’une bonne image auprès de la population. Nous sommes le plus souvent bien accueillis et pendant la première vague, des personnes sont même venues faire des dons. Nous avons reçu des croissants, des sandwichs… Ma motivation ne change pas et je suis heureux de faire ce métier que je voulais exercer déjà tout petit. Je suis heureux de venir au travail pour aider les autres, pour porter secours à la population.

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