Souffrances au travail : vous pouvez agir !

Pression, harcèlement : nos conseils pour reconnaître, prévenir et guérir la souffrance au travail.

Face à la pression ou encore au harcèlement, de plus en plus fréquents dans le monde du travail, quelle attitude adopter ? Et comment venir en aide à ceux qui souffrent ? Solidarité, esprit collectif, écoute… vous pouvez agir.  

En dépit des dispositions légales qui obligent l’employeur à « prendre des mesures nécessaires pour assurer et protéger la santé physique et mentale des travailleurs » (1), la réalité peut prendre un tout autre visage. Les salariés sont soumis à de nombreuses sources de stress : intensification des tâches, augmentation du rythme de travail, ressources financières et humaines en diminution face à des exigences de résultat toujours plus fortes. Les agents en contact avec le public sont particulièrement exposés. Ils sont confrontés à ce que les psychologues du travail nomment l’exigence émotionnelle, c’est-à-dire l’effort d’adaptation face à différentes réactions pas toujours faciles à gérer.

Agir et non subir

Il arrive parfois que le sentiment de satisfaction du travail bien accompli, la fierté et l’estime de soi disparaissent progressivement, laissant alors place à une véritable souffrance. Chacun peut se retrouver dans ce genre de difficultés et non par sa faute, mais du fait de causes complètement extérieures. Qui n’a pas été victime ou témoin d’une telle situation ? Quel rôle jouer, quelle attitude adopter ? Dans tous les cas, le meilleur comportement à suivre est de ne pas subir cette situation mais d’agir pour la résoudre au plus vite.

La bienveillance collective fait la force d’une équipe ! 

Évitez l’isolement

Il arrive d’être proche d’un collègue en souffrance sans oser réagir. Les raisons de cette inaction peuvent être diverses : des tâches prenantes, la peur d’être maladroit ou encore une pression forte. Cette passivité renforce l’isolement et rend la situation encore plus inconfortable. Il est pourtant primordial de recréer du lien, le premier pas vers une solution. Il ne s’agit pas de s’immiscer dans la vie de l’agent en difficulté, mais simplement de lui offrir un espace d’écoute.

Le primo-écoutant : un rôle essentiel

Ce rôle de « primo-écoutant » empathique est salutaire pour l’aidé. Car se sentir rejeté et se retrouver isolé aggravent les risques pour sa santé psychologique. Cette posture d’écoute peut aussi vous soulager, en tant que témoin, car ainsi dans l’action, vous ne subissez plus la situation. Lorsque la souffrance survient, il n’est pas toujours simple d’en prendre conscience mais certains signes ne trompent pas : marques de fatigue, problèmes de concentration, sautes d’humeur, irritabilité, anxiété, isolement… Soyez toujours attentif à vos collègues. Cette bienveillance collective sera la force de votre équipe.

Pensez aux relais d’écoute et de conseils

Vous pouvez conseiller à votre collègue plusieurs relais d’écoute et de soutien. La première chose à faire est de rencontrer le conseiller en prévention des risques psycho-sociaux et le médecin du travail ou médecin de prévention. Il peut aussi consulter au préalable son médecin traitant qui l’aidera à identifier la cause de son mal-être et distinguer ce qui relève de problèmes personnels et de difficultés professionnelles. Le CHSCT devra être averti de la situation car il a un rôle à jouer auprès de l’employeur pour l’alerter en cas de risque avéré. L’agent peut aussi en parler à son délégué du personnel.
Enfin, sachez que s’il souhaite contacter des spécialistes à l’extérieur de son lieu de travail, de manière anonyme et gratuite, il a diverses possibilités. Les coordonnées de ces consultants sont répertoriées dans toutes les régions de France. Elles sont accessibles sur le site Souffrance au travail.

(1) - L 4121-1 Code du travail.

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